JCGi

Jean Claude Guichard Informatique

Bonne Année 2026 !

 

L’heure de ma retraite est arrivée au 1er janvier 2026.

 

Je remercie tous mes clients pour la confiance qu’il m’ont accordée tout

au long de ma carrière.

 

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tendances du monde numérique.

 

 


 

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La maintenance préventive et la maintenance curative

La maintenance informatique est une composante essentielle pour assurer le bon fonctionnement d'un ensemble informatique. Elle englobe l'ensemble des actions et des tâches nécessaires pour garantir la performance, la disponibilité et la sécurité des systèmes, des logiciels et du matériel informatique.

La maintenance préventive vise à prévenir les problèmes et les pannes avant qu'ils ne se produisent. Elle consiste en des activités régulières et planifiées telles que la vérification de l'état des équipements, la mise à jour des logiciels, la sauvegarde des données, le nettoyage des composants matériels, l'optimisation des performances, etc. L'objectif de la maintenance préventive est de réduire les risques de dysfonctionnement, d'assurer la stabilité du système et d'améliorer la durée de vie des équipements.

 

En revanche, la maintenance curative intervient lorsqu'un incident ou une panne se produit. Elle implique la détection, le diagnostic et la résolution des problèmes informatiques. Les techniciens de maintenance sont chargés de localiser la source du problème, de le réparer ou de le remplacer si nécessaire. La maintenance curative peut inclure des activités telles que le dépannage matériel, la réparation des logiciels, la récupération des données, la restauration des systèmes, etc. L'objectif de la maintenance curative est de rétablir rapidement le fonctionnement normal du système après une panne ou un dysfonctionnement.

 

En combinant la maintenance préventive et la maintenance curative, les entreprises peuvent assurer une gestion proactive de leurs ressources informatiques. La maintenance préventive permet de minimiser les interruptions de service et d'optimiser les performances, tandis que la maintenance curative intervient pour résoudre les problèmes imprévus de manière efficace et rapide.

Il est essentiel d'accorder une attention particulière à la maintenance informatique, car elle contribue à garantir la continuité des activités, la sécurité des données et la productivité des utilisateurs. En investissant dans des pratiques de maintenance appropriées, cela maximise l'efficacité de leurs infrastructures informatiques et minimiser les coûts liés aux pannes et aux interruptions de service.  (AMIS DE LA TERRE - surproduction point numéro 3)

 

L'Optimisation de la Performance Biologique et les Pertes de Capacités Associées

1. Introduction

Dans le monde biologique, la performance représente l'efficacité avec laquelle un organisme ou un système biologique exécute ses fonctions essentielles à la survie, à la reproduction et à l'aptitude globale au sein de son environnement. Ce concept multifacette peut être analysé à diverses échelles d'organisation biologique.

À l'échelle moléculaire et cellulaire, la performance est intrinsèquement liée à la cinétique des réactions biochimiques, à la précision des voies de transduction du signal, à la fidélité de la synthèse des protéines et au maintien de l'équilibre métabolique. Par exemple, le bon fonctionnement des processus cellulaires repose sur des interactions spécifiques et opportunes entre les espèces biochimiques, où la cinétique des réactions détermine directement les concentrations moléculaires et, par conséquent, l'état et la fonctionnalité des systèmes biologiques étudiés. Ces processus sont fondamentaux pour l'existence même d'un organisme et assurent un flux continu d'informations régulé par les principes de la biologie moléculaire.

À l'échelle de l'organisme, la performance englobe les fonctions physiologiques, les traits morphologiques, les taux de croissance et de prolifération, ainsi que la capacité inhérente de l'organisme à survivre et à se reproduire dans diverses conditions. Les organismes développent des organisations structurelles et fonctionnelles complexes au cours du temps évolutif pour remplir ces fonctions primaires, s'adaptant à des conditions ambiantes et externes en constante évolution. La performance optimale d'une fonction physiologique ou d'un trait morphologique est explicitement définie comme le point où elle est suffisamment efficace pour permettre à un organisme de survivre.

Au niveau de l'écosystème, la performance est souvent évaluée au moyen d'indicateurs de qualité écologique, reflétant la santé des populations, l'intégrité des structures communautaires et la résilience globale de l'écosystème face aux perturbations environnementales, telles que la pollution. Les bioindicateurs, par exemple, servent de « baromètres vivants » qui révèlent les processus de contamination environnementale avant même que des effets plus graves ne se manifestent au niveau de l'écosystème. Des métriques standardisées, comme l'IBGN (Indice Biologique Global Normalisé) en France, évaluent la qualité de l'eau en analysant les traits fonctionnels des organismes présents, tels que leurs exigences en température, leurs stratégies de reproduction ou leurs rôles trophiques. Des indices multimétriques (IMM) sont également utilisés pour quantifier l'intégrité biotique et évaluer la santé écologique.

La compréhension de la performance biologique à travers ces multiples échelles révèle une interconnexion profonde. La performance à une échelle inférieure, comme l'efficacité des enzymes au niveau moléculaire, soutient et influence directement la performance aux échelles supérieures, telles que le métabolisme et la croissance d'un organisme. Ces fonctions, à leur tour, contribuent à la santé de l'écosystème. Une dégradation ou un compromis à un niveau fondamental peut ainsi se propager vers le haut, affectant des fonctions biologiques plus larges. Cette toile complexe d'interdépendances signifie qu'une optimisation d'un trait ou d'une fonction à une échelle spécifique peut involontairement contraindre ou dégrader une fonction à une autre échelle, préparant le terrain pour les compromis évolutifs inévitables.

Échelle

Définition de la Performance

Exemples de Mesures/Indicateurs

Sources

Moléculaire

Efficacité des réactions biochimiques, fidélité des processus génétiques

Cinétique enzymatique, taux de synthèse protéique, régulation des voies de signalisation

1

Cellulaire

Fonctionnalité et régulation des processus intracellulaires

Biomarqueurs, motilité cellulaire, division cellulaire, homéostasie oxydative

1

Organisme

Survie, croissance, reproduction et adaptation individuelle

Taux de reproduction, taux de survie, traits morphologiques/physiologiques optimaux

2

Population

Dynamique démographique et maintien des caractéristiques adaptatives

Fréquence des allèles, diversité génétique, succès reproductif différentiel

7

Écosystème

Santé, intégrité et résilience du milieu

IBGN, indices biotiques, diversité taxonomique, biomarqueurs écotoxicologiques

4

Table 1: Échelles de la Performance Biologique et Exemples de Mesures

Alors que les processus évolutifs poussent constamment les organismes vers une performance accrue dans des contextes environnementaux spécifiques, cette optimisation même s'accompagne fréquemment d'un coût, entraînant la réduction, voire la perte complète, d'autres capacités. Ce phénomène n'est pas une anomalie, mais un aspect fondamental et inhérent de l'évolution biologique. La performance n'est pas une métrique universelle et en constante amélioration, mais un état dépendant du contexte, hautement spécialisé pour des pressions environnementales et des niches écologiques particulières. La « recherche de la performance » est donc la recherche d'un optimum local. Par sa nature même, ce processus d'optimisation peut négliger, sous-prioriser ou même diminuer activement les capacités qui ne sont pas avantageuses ou qui sont métaboliquement coûteuses dans ce contexte spécifique et étroit.

Le mécanisme principal qui orchestre cette optimisation est la sélection naturelle, qui favorise systématiquement les traits conférant un avantage de survie et de reproduction dans un environnement donné.7 Cependant, il est crucial de comprendre que ce processus ne vise pas une perfection absolue ou une robustesse universelle. Il recherche plutôt des optima dépendants du contexte, qui, par leur nature même, impliquent souvent des compromis.3 Les compromis évolutifs sont des situations où une amélioration d'un trait bénéfique est inextricablement liée à un changement nuisible ou à une réduction d'un autre trait.10 Ce concept constitue la pierre angulaire de la compréhension de la manière dont les gains de performance peuvent paradoxalement entraîner des pertes d'autres capacités.

2. Les Mécanismes de l'Optimisation Biologique

L'évolution est le processus fondamental qui façonne la vie sur Terre, conduisant à la diversité des formes et des fonctions observées dans le monde biologique. Cette transformation perpétuelle est pilotée par plusieurs mécanismes clés, dont la sélection naturelle, les mutations et la dérive génétique, qui, ensemble, dictent l'optimisation de la performance biologique.

La Sélection Naturelle et l'Adaptation comme Moteurs de Performance

La théorie de l'évolution de Charles Darwin, fondée sur l'idée d'ancêtres communs, postule que la sélection naturelle est le mécanisme principal par lequel les populations évoluent pour mieux s'adapter à leurs environnements spécifiques au fil du temps.7 Ce processus repose sur trois principes fondamentaux : la variation, l'adaptation et l'hérédité.13 Au sein de toute espèce, les individus présentent des variations héréditaires dans leurs traits.7 Certaines de ces variations confèrent un avantage sélectif, rendant les individus mieux adaptés pour survivre et se reproduire plus efficacement dans leur environnement particulier.7 À mesure que ces traits avantageux sont transmis de génération en génération, leur fréquence augmente au sein de la population, conduisant au développement d'adaptations.7

Les pressions environnementales, qu'elles soient biologiques (par exemple, la présence de prédateurs ou de concurrents) ou physiques (par exemple, les températures extrêmes, la rareté des ressources), agissent comme des « agents sélectifs ». Ces agents favorisent de manière non aléatoire certains traits tout en en désavantageant ou en éliminant d'autres.8 Cette survie et reproduction différentielles conduisent finalement à des traits qui « optimisent la survie et le succès reproductif des organismes » dans l'environnement où ils ont évolué.8 Un exemple bien connu chez l'humain est la sélection de la persistance de la lactase chez les populations adultes ayant historiquement pratiqué l'élevage laitier, leur permettant de digérer le lactose du lait au-delà de l'enfance.13

Le Rôle des Mutations et de la Dérive Génétique dans la Variation

Les mutations sont la source ultime et indispensable de toute nouvelle variation génétique, fournissant la matière première sur laquelle les processus évolutifs agissent.9 Ce sont des changements aléatoires qui se produisent dans la séquence de l'ADN.7 Alors que de nombreuses mutations peuvent être neutres (n'ayant aucun effet notable) ou délétères (nuisant à la survie et à la reproduction), certaines peuvent être bénéfiques, introduisant de nouveaux traits qui peuvent ensuite être soumis à la sélection naturelle.9 Il est important de souligner que les mutations sont aléatoires et qu'un organisme ne peut pas choisir délibérément quelles mutations acquérir.8 Seules les mutations germinales, celles qui se produisent dans les cellules reproductrices, sont héréditaires et donc pertinentes pour l'évolution.9

La dérive génétique est un autre mécanisme fondamental de l'évolution, caractérisé par des fluctuations aléatoires des fréquences alléliques au sein d'une population d'une génération à l'autre.7 Son impact est particulièrement significatif dans les populations de petite taille, où des événements aléatoires (par exemple, des décès fortuits, des erreurs d'échantillonnage lors de la reproduction) peuvent altérer de manière disproportionnée la composition génétique.9 Contrairement à la sélection naturelle, la dérive génétique ne conduit pas à des adaptations ; elle peut faire en sorte que des traits, même ceux considérés comme neutres ou légèrement délétères, deviennent plus courants, voire fixés (atteindre 100 % de fréquence) ou perdus, par pur hasard.9 Bien qu'elle n'optimise pas directement la performance, la dérive génétique contribue à la variation génétique globale au sein d'une population, et sa puissance peut l'emporter sur des pressions sélectives faibles, influençant la trajectoire évolutive globale.14

Ces processus révèlent une interaction complexe entre le hasard et la direction dans l'optimisation biologique. Les mutations et la dérive génétique sont des processus aléatoires qui introduisent de la variation ou modifient les fréquences alléliques par pur hasard. En revanche, la sélection naturelle est un processus non aléatoire qui filtre ces variations en fonction de leur contribution à l'aptitude. L'optimisation en biologie n'est pas une marche téléologique vers un état idéal, mais une conséquence de la survie et de la reproduction différentielles non aléatoires agissant sur une variation générée aléatoirement. Cette nature aléatoire dans la génération de nouveaux traits, associée à la nature dépendante du contexte de la sélection, signifie que le résultat « optimisé » est rarement parfait, universellement robuste ou à l'épreuve du temps. Cette caractéristique fondamentale prépare inévitablement le terrain pour les compromis et la perte potentielle de capacités lorsque les conditions environnementales changent.

L'Optimisation comme Processus Dynamique et Contextuel

L'évolution est mieux comprise comme un processus continu de changement perpétuel affectant les organismes vivants.16 Elle n'implique pas une progression linéaire vers une espèce « supérieure » ou « plus évoluée », et aucune espèce n'est intrinsèquement « meilleure » qu'une autre.16 Au lieu de cela, l'évolution produit à la fois de la régularité (maintien des traits adaptés) et du changement (introduction de nouveaux traits), garantissant que les organismes restent adaptés à leur environnement actuel.16

Le concept de « performance optimale » est intrinsèquement lié à des contraintes physiques spécifiques et aux conditions écologiques dominantes.3 Les organismes sont le produit cumulatif d'une longue histoire d'adaptation à des contraintes physiques et des pressions écologiques particulières, ainsi qu'aux contraintes évolutives inhérentes à leurs composants structurels et à leur machinerie physiologique.3 Cela souligne que l'optimisation est un processus dynamique et continu, constamment recalibré en réponse aux changements environnementaux. La sélection naturelle ne vise pas la meilleure solution absolue possible dans tous les scénarios imaginables. Elle converge plutôt vers une solution « suffisamment bonne » qui confère une aptitude suffisante pour les pressions environnementales actuelles. Cette approche « suffisamment bonne » implique, par définition, que d'autres capacités potentielles ou solutions alternatives peuvent être négligées, sous-développées, voire activement perdues si elles ne contribuent pas à, ou sont coûteuses pour, l'optimum local actuel. Cela renforce l'idée que l'optimisation biologique est intrinsèquement un processus de spécialisation, qui, en concentrant les ressources et les adaptations sur un ensemble étroit de conditions, conduit inévitablement à une réduction ou à une perte de capacités en dehors de cette niche spécialisée.

3. Les Compromis Évolutifs : Une Conséquence Inhérente de l'Optimisation

Les compromis évolutifs, ou "trade-offs", sont au cœur de la compréhension des pertes de capacités dans le monde biologique. Ils expliquent pourquoi l'optimisation d'un trait en entraîne souvent la réduction d'un autre.

Définition Approfondie des Compromis Évolutifs (Trade-offs) en Biologie

Dans le contexte de la biologie évolutive, un « compromis » est défini comme une situation où une amélioration de la performance dans un domaine spécifique (par exemple, le développement d'une queue extra-longue chez un oiseau mâle pour attirer des partenaires) entraîne simultanément une diminution de la performance ou un désavantage dans un autre domaine (par exemple, rendant l'oiseau plus vulnérable à la prédation).3 Plus largement, il représente une contrainte biologique fondamentale où un changement bénéfique dans un trait phénotypique est inextricablement lié à un changement nuisible dans un autre.12

Ces compromis ne sont pas de simples observations incidentes, mais constituent des contraintes biologiques fondamentales qui affectent directement la valeur sélective (l'aptitude) des individus.12 Il est crucial de les considérer comme une cause qui façonne les résultats évolutifs, plutôt que comme un simple symptôme ou un schéma observé.17 Ils sont particulièrement évidents lorsque les populations sont confrontées à des conditions environnementales difficiles ou à des défis énergétiques, surtout aux extrêmes des distributions phénotypiques.17 Cette perspective positionne les compromis comme des principes de conception inhérents, et non comme de simples accidents évolutifs. Compte tenu des contraintes universelles de ressources finies et de lois physiques, un organisme ne peut pas être simultanément le plus efficace ou parfaitement adapté à tous les égards imaginables. Toute « optimisation » est donc intrinsèquement un processus de choix ou de compromis, et ces choix impliquent nécessairement de sacrifier ou de réduire d'autres capacités potentielles.

Principes Sous-jacents aux Compromis

Plusieurs principes fondamentaux expliquent l'occurrence des compromis évolutifs :

  • Allocation des Ressources : Un moteur principal des compromis est la nature finie des ressources biologiques, y compris l'énergie, les nutriments et le temps. La décision d'un organisme (par le biais des processus évolutifs) d'investir plus de ressources dans une fonction vitale (par exemple, une croissance rapide, une réponse immunitaire robuste, une production reproductive élevée) signifie intrinsèquement que moins de ressources sont disponibles pour d'autres fonctions.18 La « théorie du soma jetable » du vieillissement 19 en est un exemple frappant : elle propose un compromis évolutif optimal dans l'allocation d'énergie où les ressources sont préférentiellement canalisées vers les processus reproductifs (maintien de la lignée germinale et reproduction) au détriment de l'entretien et de la réparation des cellules somatiques. Cette allocation préférentielle conduit à une accumulation de dommages moléculaires dans les cellules somatiques au fil du temps, entraînant finalement le vieillissement et la sénescence. De ce point de vue, le vieillissement n'est pas conçu comme un trait adaptatif en soi, mais comme un sous-produit inévitable de la priorité de l'évolution pour le succès reproductif.

  • Contraintes Physiques et Biologiques : Les lois physiques fondamentales et les limitations inhérentes à la conception biologique imposent des compromis inévitables.3 Par exemple, le plan corporel, la taille et la machinerie physiologique d'un organisme sont soumis à des limites biophysiques qui dictent les capacités fonctionnelles maximales et les plages de taille.3 Une conception optimisée pour une efficacité élevée peut intrinsèquement compromettre une robustesse extrême, ou vice-versa, car ce sont souvent des objectifs de conception mutuellement exclusifs.18 Ces contraintes signifient qu'il existe des limites ultimes où la performance optimale d'une fonction devient impossible.3

  • Pléiotropie : La pléiotropie se produit lorsqu'un seul gène ou un seul changement génétique influence plusieurs traits phénotypiques apparemment disparates.20 Si l'un de ces effets pléiotropiques confère un avantage significatif dans un contexte environnemental spécifique, tandis qu'un autre effet pléiotropique du même changement génétique est délétère ou coûteux dans un contexte différent, cela crée directement un compromis évolutif. Le nématode Caenorhabditis elegans en fournit une illustration claire : un variant génétique naturel (une délétion de 92 paires de bases dans le gène eak-3) rend le ver hypersensible aux stress environnementaux de faible intensité, facilitant son entrée dans un stade larvaire « dauer » résistant au stress (un gain de performance évident dans des environnements défavorables).20 Cependant, cette même délétion, due aux effets pléiotropiques de l'hormone acide dafachronique, réduit simultanément la vitesse de développement des larves, les faisant atteindre la maturité sexuelle plusieurs heures plus tard dans des conditions favorables (une perte de capacité distincte).20 Ce cas démontre de manière frappante comment un seul changement génétique peut entraîner des conséquences adaptatives diamétralement opposées selon les conditions environnementales dominantes, incarnant un compromis direct entre la plasticité développementale et la vitesse de développement. Il existe un « coût » inhérent à l'adaptation. Les mécanismes génétiques mêmes qui permettent des changements bénéfiques dans un contexte spécifique peuvent, en raison de leur nature multifacette, introduire simultanément des vulnérabilités ou des réductions de performance ailleurs. Ce « paradoxe pléiotropique » signifie que même des changements génétiques apparemment simples peuvent avoir des conséquences complexes, de grande portée et souvent contre-intuitives pour l'ensemble des capacités d'un organisme, faisant de la « perte de capacité » une partie intégrante du processus adaptatif.

  • Relâchement de la Sélection : Lorsqu'un trait ou une capacité particulière devient moins critique pour la survie et la reproduction d'un organisme dans un environnement nouveau ou modifié, la pression sélective pour maintenir sa fonctionnalité diminue. Ce relâchement de la sélection peut entraîner l'accumulation de mutations neutres ou même légèrement délétères dans les gènes associés à ce trait.21 Au fil du temps évolutif, cette accumulation peut entraîner la dégradation ou la perte complète du trait. Ce mécanisme est fréquemment observé chez les organismes s'adaptant à des environnements où certains sens ou fonctions ne sont plus nécessaires, comme la perte de la vue chez les animaux cavernicoles.21

4. Exemples Concrets de Pertes de Capacités Induites par la Performance

L'étude des compromis évolutifs se concrétise à travers de nombreux exemples dans le monde biologique, illustrant comment l'optimisation d'une capacité peut entraîner la réduction ou la perte d'une autre.

Adaptations et leurs Revers

  • Perte de la Capacité de Vol chez les Oiseaux Insulaires :

    Tous les oiseaux incapables de voler aujourd'hui ont évolué à partir d'ancêtres qui possédaient la capacité de voler.25 Cette perte évolutive du vol se produit fréquemment sur les îles où il y a une absence notable de prédateurs terrestres, réduisant ainsi considérablement la pression sélective pour maintenir la capacité de vol, qui est énergétiquement coûteuse.25 Le vol est une activité extrêmement énergivore.26 Lorsque le bénéfice sélectif du vol diminue dans un environnement sans prédateurs, l'énergie et les ressources substantielles précédemment allouées au vol (par exemple, de grands muscles de vol, des os robustes) peuvent être réaffectées à d'autres fonctions qui confèrent désormais un avantage de fitness plus important, telles qu'une taille corporelle accrue pour la défense, une production reproductive améliorée ou des adaptations pour un mode de vie terrestre ou semi-aquatique.25 Les changements anatomiques associés à l'incapacité de voler impliquent une réduction drastique des muscles de vol et des altérations significatives des proportions des ailes et des queues. Ces changements squelettiques se produisent souvent relativement rapidement, même avant que la structure fine des plumes de vol ne s'adapte pleinement.25 Les os et les muscles, étant métaboliquement « coûteux » à développer et à entretenir, sont parmi les premières caractéristiques à subir une réduction.25

    • Capacité Perdue : La capacité de voler, les structures de plumes aérodynamiques complexes, les muscles de vol puissants et les adaptations squelettiques spécialisées pour la locomotion aérienne.

    • Performance Gagnée (Compromis) : Une économie d'énergie significative, un potentiel d'augmentation de la masse corporelle (qui peut dissuader les prédateurs si présents, ou aider à l'acquisition de ressources), et des adaptations améliorées pour la recherche de nourriture et la survie au sol ou en milieu semi-aquatique.25

      Il est important de noter que les transitions vers l'incapacité de voler sont rapides et irréversibles.27 Cela illustre une « dépendance au sentier » en évolution : une fois qu'une capacité est perdue ou significativement réduite en conséquence d'un compromis, il est extrêmement difficile, voire impossible, de la retrouver. Les voies génétiques et développementales sous-jacentes aux traits complexes peuvent se dégrader ou être réaffectées, rendant un retour en arrière hautement improbable. Cela signifie que les adaptations actuelles (et les pertes associées) contraignent fondamentalement les possibilités évolutives futures.

  • Dégénérescence Oculaire chez les Animaux Cavernicoles :

    Les animaux qui habitent des environnements d'obscurité perpétuelle, tels que les poissons cavernicoles, les salamandres comme Proteus anguinus et divers invertébrés, présentent fréquemment des yeux réduits ou entièrement absents, ainsi qu'une perte de pigmentation.21 Ce phénomène d'évolution régressive s'est produit indépendamment plusieurs fois à travers divers groupes phylogénétiques.22 La perte des yeux chez ces espèces est attribuée à deux hypothèses principales, qui ne sont pas mutuellement exclusives : la mutation neutre et l'adaptation.21 L'hypothèse de la mutation neutre suggère qu'en l'absence de lumière, les yeux deviennent inutiles, entraînant un relâchement de la pression sélective pour les maintenir. Par conséquent, des mutations aléatoires et légèrement délétères dans les gènes formant les yeux s'accumulent, provoquant leur dégradation progressive.21 L'hypothèse de l'adaptation postule un avantage sélectif pour la perte des yeux, principalement en raison du coût métabolique élevé de leur développement et de leur maintien, ainsi que du tissu cérébral visuel associé.21 De plus, des effets pléiotropiques peuvent être en jeu, où les gènes affectant le développement des yeux influencent également l'amélioration d'autres organes sensoriels plus utiles dans l'obscurité.21

    Des preuves empiriques suggèrent que la dérive génétique (processus neutres) et la sélection directe/indirecte contribuent à la perte de la vue.22 Un exemple convaincant est le tétra aveugle des cavernes, où le même gène responsable de la régression oculaire augmente également le nombre de papilles gustatives, illustrant un compromis pléiotropique clair où un système sensoriel est amélioré au détriment d'un autre.24

    • Capacité Perdue : Vision fonctionnelle, capacités de traitement neural associées à l'information visuelle, et souvent la pigmentation.

    • Performance Gagnée (Compromis) : Économie d'énergie significative (les yeux et le tissu cérébral visuel peuvent consommer jusqu'à 15 % de l'énergie chez les organismes voyants24), amélioration des systèmes sensoriels non visuels (par exemple, le goût, le toucher, la chimioréception, les systèmes de ligne latérale), et potentiellement une résistance accrue à la famine ou une durée de vie prolongée dans des environnements où les ressources sont rares.22

      Ces exemples mettent en évidence une dynamique cruciale : le « coût » d'un trait (par exemple, l'énergie métabolique nécessaire au vol, la consommation élevée d'énergie pour maintenir les yeux) ne se traduit par une « perte » que lorsque le bénéfice environnemental de ce trait diminue ou est supplanté par d'autres pressions sélectives. Inversement, la « performance » gagnée (par exemple, l'économie d'énergie résultant du non-vol ou de la non-vision) ne devient un avantage significatif qu'en l'absence de la pression sélective d'origine. La « perte de capacité » n'est donc pas une dégradation absolue, mais plutôt un recalibrage du profil de performance global de l'organisme, l'optimisant pour un nouveau contexte environnemental.

  • Compromis Métaboliques et la Théorie du Soma Jetable :

    La « théorie du soma jetable » 19 est une théorie évolutive majeure du vieillissement. Elle postule un compromis évolutif inhérent dans l'allocation des ressources énergétiques finies : les ressources investies dans le maintien et la réparation des cellules somatiques (corporelles) réduisent directement les ressources disponibles pour la reproduction (lignée germinale). Cette théorie suggère que la sélection naturelle privilégie le succès reproductif, conduisant à une allocation optimale où juste assez de ressources sont investies dans l'entretien somatique pour assurer la survie pendant la période de reproduction. Au-delà de cette période, l'accumulation de dommages moléculaires due à des mécanismes de réparation insuffisants conduit au vieillissement et à la sénescence.19 Le vieillissement est ainsi conceptualisé non pas comme un trait adaptatif en soi, mais comme un sous-produit inévitable de la priorité de l'évolution pour la production reproductive par rapport à l'intégrité somatique indéfinie.

    • Capacité Perdue : Intégrité somatique à long terme, mécanismes de réparation et de régénération cellulaire très efficaces, et une durée de vie individuelle prolongée au-delà de la phase reproductive.

    • Performance Gagnée (Compromis) : Production et efficacité reproductives optimisées, qui est la mesure ultime de l'aptitude évolutive, assurant la propagation et la survie de l'espèce.

  • Coûts de la Résistance (ex: Résistance aux Antibiotiques/Insecticides) :

    Les activités humaines, en particulier l'utilisation généralisée et souvent indiscriminée d'antibiotiques en médecine et d'insecticides en agriculture, exercent des pressions sélectives puissantes et nouvelles sur les organismes cibles.13 Cela conduit à l'évolution rapide de la résistance chez les populations bactériennes (par exemple, Staphylococcus aureus résistant à la méticilline) ou les insectes nuisibles (par exemple, les criquets pèlerins résistants aux insecticides).13 Bien que le développement de la résistance soit un gain de performance clair et crucial pour ces organismes dans un environnement chimiquement difficile, il s'accompagne fréquemment d'un coût de fitness associé en l'absence de l'agent sélectif. Par exemple, les bactéries résistantes aux antibiotiques ou les criquets résistants aux insecticides peuvent présenter des taux de croissance plus lents, une capacité compétitive réduite ou une production reproductive inférieure dans un environnement exempt de pression chimique.13 Cela est souvent dû à la charge métabolique associée au maintien des mécanismes de résistance (par exemple, la production de pompes d'efflux, la modification des sites cibles ou la détoxification des composés).

    • Capacité Perdue : Compétitivité dans les environnements « normaux » ou sans médicaments, potentiellement des taux de croissance plus lents ou une efficacité reproductive réduite lorsque la pression sélective pour la résistance est absente.

    • Performance Gagnée (Compromis) : Survie et prolifération en présence d'antibiotiques ou d'insecticides, assurant la persistance de la population sous pression sélective induite par l'homme. Les activités humaines agissent comme un moteur de nouveaux compromis. Les changements environnementaux anthropiques peuvent forcer les organismes à emprunter des voies d'« optimisation » entièrement nouvelles qui génèrent des compromis inédits et souvent problématiques. La « performance » de la résistance (survie en présence du produit chimique) s'accompagne souvent d'un coût (par exemple, une aptitude compétitive réduite en l'absence du produit chimique, ou des taux de croissance plus lents).

Exemples à Différentes Échelles

  • Le Nématode C. elegans : Compromis entre Plasticité et Vitesse de Développement :

    Le nématode Caenorhabditis elegans possède une plasticité phénotypique adaptative remarquable, lui permettant de faire face aux variations environnementales. Plus précisément, il peut entrer dans un stade larvaire « dauer » résistant au stress et au développement arrêté lorsque les conditions environnementales deviennent très défavorables.20 Des chercheurs ont identifié un variant génétique naturel (une délétion de 92 paires de bases affectant l'expression du gène eak-3) qui rend C. elegans hypersensible aux stress environnementaux de faible intensité, facilitant ainsi son entrée dans le stade dauer (un gain de performance clair face au stress).20 Cependant, cette même délétion génétique, en raison des effets pléiotropiques de la voie de l'hormone acide dafachronique, réduit simultanément la vitesse de développement des larves. Par conséquent, dans des conditions favorables, les individus porteurs de cette délétion atteignent la maturité sexuelle plusieurs heures plus tard (une perte de capacité distincte).20 Ce cas est une démonstration convaincante de la manière dont un seul changement génétique, par pléiotropie hormonale, peut entraîner des conséquences adaptatives opposées selon l'environnement, illustrant de manière vivante un compromis évolutif direct entre la plasticité développementale (réponse au stress) et la vitesse de développement (taux de croissance et de maturation).20

  • Capacités Digestives Humaines (ex: Tolérance au Lactose, Digestion de la Viande) :

    La persistance de l'activité de la lactase à l'âge adulte, permettant la digestion du lactose dans le lait, est une adaptation humaine bien documentée. Ce trait a été fortement sélectionné dans les populations qui ont adopté l'élevage laitier il y a environ 9 000 ans, offrant un avantage nutritionnel significatif et représentant ainsi un gain de performance.13 Cette adaptation implique cependant que l'état ancestral (non-persistance de la lactase) a été « perdu » dans ces populations, ou plutôt, que les gènes de la production de lactase adulte ont été maintenus plutôt que désactivés. Inversement, certaines hypothèses suggèrent qu'à mesure que les humains se sont de plus en plus appuyés sur la cuisson de la viande, la pression sélective pour maintenir la capacité biologique de digestion efficace de la viande crue a pu diminuer.28 Si tel était le cas (bien que davantage de recherches soient nécessaires pour confirmer définitivement une « perte » plutôt qu'un déplacement de la fonction optimale), cela représenterait une réduction de capacité due à un gain de « performance » comportemental et technologique (la cuisson rend la viande plus sûre, plus digestible et plus économe en énergie). Cela illustre comment l'évolution culturelle peut influencer l'évolution biologique, entraînant des changements dans les capacités physiologiques.

Exemple Biologique

Capacité Optimisée/Gagnée

Capacité Perdue/Réduite

Mécanisme Principal du Compromis

Sources

Oiseaux insulaires

Économie d'énergie, adaptations terrestres/aquatiques, taille accrue

Vol, muscles de vol puissants, structures aérodynamiques

Relâchement de la sélection, Réallocation des ressources

25

Animaux cavernicoles

Économie d'énergie, sens non visuels améliorés

Vision fonctionnelle, pigmentation, traitement neural visuel

Relâchement de la sélection, Coût métabolique, Pléiotropie

21

Soma jetable

Reproduction maximale et efficacité reproductive

Intégrité somatique à long terme, réparation cellulaire efficace, longévité individuelle

Allocation des ressources

19

Résistance aux antibiotiques/insecticides

Survie et prolifération en présence de toxines

Compétitivité en l'absence de toxines, taux de croissance

Coût métabolique de la résistance, Pression sélective anthropique

13

Nématode C. elegans

Résistance au stress (stade dauer), plasticité développementale

Vitesse de développement, maturité précoce

Pléiotropie hormonale

20

Table 2: Exemples Clés de Compromis Évolutifs et Capacités Perdues

5. Implications des Pertes de Capacités : Vulnérabilité et Spécialisation

Les pertes de capacités, conséquences inhérentes de l'optimisation biologique, ont des implications profondes pour la survie des espèces, en particulier face aux changements environnementaux rapides. Elles soulignent une tension fondamentale entre l'efficacité spécialisée et la robustesse générale.

La Résilience et la Capacité d'Adaptation des Systèmes Biologiques

La résilience est une propriété essentielle d'un système, désignant le degré de choc ou de changement qu'il peut tolérer tout en maintenant sa structure fondamentale, son fonctionnement de base et son organisation.29 Un système véritablement résilient possède la capacité d'absorber, d'utiliser, voire de tirer parti des perturbations, des chocs et des stress, à condition qu'il soit suffisamment robuste.29

La capacité d'adaptation fait référence aux compétences sociales et techniques, ainsi qu'aux stratégies biologiques inhérentes, que les individus et les groupes (ou espèces) déploient pour répondre efficacement aux changements environnementaux et socio-économiques.29 Dans les systèmes écologiques, la capacité d'adaptation est intrinsèquement liée à la diversité génétique, à la diversité biologique globale et à l'hétérogénéité des mosaïques paysagères.30 Une conséquence directe d'une perte de capacité d'adaptation est une réduction significative des opportunités et une constriction des options disponibles pendant les périodes de réorganisation et de renouvellement environnemental.30 Les organismes qui ont subi une optimisation extrême pour une niche très spécifique, en perdant des capacités non directement pertinentes pour cette niche, possèdent intrinsèquement une capacité d'adaptation réduite lorsque les conditions s'éloignent de leur optimum spécialisé.

Les Pièges Évolutifs et la Maladaptation face aux Changements Environnementaux Rapides

La maladaptation est une caractéristique répandue et souvent sous-estimée de l'évolution.31 Elle décrit des situations où les valeurs des traits d'une population ne sont pas distribuées de manière optimale pour les conditions actuelles, entraînant une réduction de l'aptitude, des déclins de population et même des extinctions locales ou mondiales.31

Les pièges évolutifs représentent une forme grave de maladaptation. Ils se produisent lorsque des changements environnementaux rapides amènent les animaux à préférer des ressources (par exemple, nourriture, partenaires, habitats) ou des comportements qui, dans des contextes historiques, ont constamment conduit à une aptitude élevée, mais qui maintenant, en raison de l'environnement altéré, réduisent activement leur aptitude.32 Cela se produit lorsque des signaux environnementaux qui indiquaient autrefois de manière fiable des récompenses de haute aptitude sont associés de manière trompeuse à des résultats négatifs pour l'aptitude.32 Ces pièges peuvent précipiter des déclins de population très rapides, l'extirpation et l'extinction des espèces.32 Ils illustrent une vulnérabilité critique résultant de l'optimisation pour un environnement stable ; le comportement ou la préférence « optimisée » devient profondément inadaptée lorsque le contexte environnemental change trop rapidement pour que l'adaptation évolutive puisse suivre. Un nombre significatif d'espèces menacées et en voie de disparition sont actuellement touchées par des pièges évolutifs.32 Ce phénomène met en évidence un paradoxe : ce qui constituait une « performance optimale » et conférait un avantage significatif en termes d'aptitude dans un environnement passé et stable peut devenir profondément inadapté et préjudiciable dans un environnement en évolution rapide. La « recherche de la performance » est toujours relative au contexte environnemental actuel. Lorsque l'environnement change à un rythme plus rapide que la réponse évolutive de l'organisme, les traits mêmes qui ont été méticuleusement « optimisés » deviennent des passifs, entraînant des déclins de population, une survie réduite et, finalement, l'extinction.

Avantages et Désavantages des Espèces Spécialistes versus Généralistes

Les espèces peuvent être largement classées sur un continuum allant de très spécialistes à très généralistes.33

Les espèces spécialistes sont celles qui ne peuvent prospérer que dans une gamme étroite de conditions environnementales ou qui dépendent d'un régime alimentaire très limité (par exemple, le koala qui se nourrit presque entièrement de feuilles d'eucalyptus, ou le papillon monarque qui pond exclusivement ses œufs sur les espèces d'asclépiades).33

  • Avantages : Les spécialistes sont souvent exceptionnellement efficaces pour rivaliser au sein de leur niche très spécifique, bénéficiant d'une concurrence inter-espèces réduite pour leurs ressources particulières.34 Leur « performance optimisée » pour un domaine étroit peut conduire à une très grande efficacité dans l'utilisation des ressources ou la défense dans ce contexte spécifique.

  • Désavantages : Ce degré élevé de spécialisation les rend intrinsèquement très vulnérables aux changements environnementaux ou à la perte de leurs ressources spécifiques.34 Si leur source de nourriture unique, leur habitat ou leurs conditions climatiques disparaissent, elles sont beaucoup plus susceptibles de disparaître.34 Leur « performance optimisée » pour une niche étroite devient paradoxalement un inconvénient majeur en dehors de celle-ci.

Les espèces généralistes, en revanche, sont capables de survivre et de prospérer dans une grande variété de conditions environnementales et peuvent utiliser une gamme diversifiée de ressources différentes (par exemple, les omnivores, certaines plantes adaptables).33

  • Avantages : Les généralistes sont généralement plus adaptables et résilients aux changements environnementaux, car ils ne dépendent pas d'un ensemble unique et spécifique de conditions ou de ressources.34 Cette polyvalence améliore leurs chances de survie dans des environnements fluctuants.

  • Désavantages : Par leur nature, les espèces généralistes ne peuvent pas extraire autant de ressources ou atteindre le même niveau d'efficacité d'une seule niche qu'un spécialiste. De plus, comme d'autres espèces peuvent également être généralistes, il y a souvent une concurrence plus directe entre les généralistes pour les ressources largement disponibles, ce qui peut réduire la disponibilité globale des ressources pour tous les généralistes dans un écosystème.34

La « perte de capacité » discutée dans ce rapport, souvent motivée par des pressions sélectives intenses pour une performance spécifique, pousse fréquemment les espèces vers une plus grande spécialisation. Bien que bénéfique dans des environnements stables et prévisibles, cette trajectoire les rend plus sensibles aux inconvénients et aux vulnérabilités inhérents à la spécialisation, en particulier face à des changements environnementaux rapides et imprévisibles. Cela met en évidence un compromis fondamental entre l'efficacité et l'optimisation d'une part, et la robustesse et la capacité d'adaptation d'autre part. L'optimisation pour une performance maximale et une efficacité dans un environnement stable (qui conduit à la spécialisation et souvent à la perte de capacités « inutiles ») se fait souvent au détriment direct d'une robustesse, d'une flexibilité ou d'une capacité d'adaptation réduites lorsque les conditions deviennent volatiles ou imprévisibles.

6. Conclusion

L'analyse de la recherche de la performance dans le monde biologique révèle un paradoxe fondamental : si l'évolution, principalement par la sélection naturelle, conduit à des adaptations remarquables et à une optimisation des fonctions vitales, ce processus même est intrinsèquement lié à la perte ou à la réduction d'autres capacités. La performance biologique est un concept multi-scalaire, se manifestant des interactions moléculaires à la dynamique des écosystèmes, et est toujours dépendante du contexte. Les mécanismes évolutifs opèrent sur des variations générées aléatoirement et dans les limites de contraintes physiques et biologiques fondamentales, rendant les compromis évolutifs non pas des anomalies, mais une composante inévitable et intégrale du processus adaptatif.

La « perte de capacité » ne doit pas être interprétée comme un échec évolutif ou un signe de dégradation absolue. Elle est plutôt une conséquence logique et souvent nécessaire de l'allocation des ressources limitées, des effets pléiotropiques des gènes, et du relâchement de la sélection sur des traits devenus moins cruciaux. Ces facteurs conduisent à des adaptations hautement spécialisées pour un environnement donné. L'évolution n'est pas une marche linéaire vers une perfection prédéterminée, mais un processus dynamique, opportuniste et souvent sinueux d'adaptation aux conditions dominantes. Les traits biologiques sont profondément interconnectés à toutes les échelles d'organisation. Les changements ou les optimisations dans un domaine créent inévitablement des répercussions sur l'ensemble du système de l'organisme, entraînant souvent des compromis imprévus ou inévitables ailleurs. Cette dynamique complexe résulte de l'interaction entre des forces déterministes, comme la sélection naturelle qui filtre les variations de manière non aléatoire, et des processus stochastiques, comme la mutation et la dérive génétique, qui introduisent le hasard.

Une compréhension nuancée des compromis évolutifs et des pertes de capacités qui en résultent est cruciale pour prédire avec précision la vulnérabilité des espèces, en particulier face aux changements environnementaux rapides induits par des facteurs anthropiques. Cette connaissance fournit des informations essentielles pour élaborer des stratégies de conservation plus efficaces, notamment celles visant à protéger les espèces spécialistes et à atténuer les impacts délétères des pièges évolutifs. Des recherches approfondies sur les fondements moléculaires et génétiques de la pléiotropie, de l'allocation des ressources et des contraintes biophysiques sur les systèmes biologiques peuvent fournir des éclaircissements mécanistiques encore plus profonds sur la manière et les raisons pour lesquelles ces compromis se produisent. Enfin, la reconnaissance des pressions sélectives significatives et souvent nouvelles exercées par les activités humaines (par exemple, le changement climatique, la modification de l'habitat, l'utilisation généralisée de produits chimiques) est primordiale. Ces pressions créent de nouveaux ensembles de compromis et de défis pour les systèmes biologiques, exigeant une perspective évolutive intégrée dans la gestion de l'environnement, la santé publique et l'élaboration des politiques pour anticiper et aborder les pertes de capacités futures.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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